Certaines maisons ont une âme. La Bastide du Bosquet en est la preuve.
Ses murs de pierre, épais comme des secrets, portent en eux trois siècles de vie provençale : le bruissement des figuiers, le parfum des vers à soie, les voix de familles entières qui s’y sont succédé, aimées, travaillées, racontées. Nichée en retrait du chemin des Sables, à quelques pas de la Méditerranée, elle n’a jamais cessé d’être habitée et de faire sentir qu’on y est attendu.
1750
La naissance d’une bastide
Avant d’être ce qu’elle est, la Bastide n’était qu’une petite ferme. On y cultivait le blé, les figuiers, on y élevait des vers à soie. Puis en 1750, Joseph Guide, dernier Viguier du Roy, la transforme en bastide provençale pour célébrer son mariage. Les murs s’élèvent. Les pièces s’ouvrent sur le jardin. La maison prend sa forme et son caractère.
1846
L’ancre du marin
Un siècle plus tard, un officier de marine venu de Guérande, Auguste Muterse, descendant d’une famille de corsaires, fait escale à Antibes. Il y rencontre Nathalie Guide, l’épouse, et s’installe à la Bastide. Pour marquer son passage, il surélève la bâtisse et grave à l’entrée une ancre marine, toujours visible aujourd’hui. Comme un signe que cette maison, tournée vers la mer, ne lâche pas ceux qu’elle aime.
1886
Maupassant au Bosquet
L’hiver 1886 est doux à Antibes. Maurice Muterse, petit-fils d’Auguste, accueille à la Bastide Guy de Maupassant et sa mère. L’écrivain y trouve ce qu’il cherche : la lumière rasante du soir sur les Alpes, le silence du jardin, la mer à portée de regard.
Il y rédige Mont Oriol, plusieurs nouvelles, et laisse dans Madame Parisse ces quelques mots devenus célèbres :
« Je ne sais rien de plus beau qu’Antibes debout sur les Alpes au soleil couchant… »
Maurice lui apprend à naviguer. Maupassant ancre dans le port Aubernon, en contrebas de la propriété, d’abord la Louisette — une jolie barque blanche — puis son yacht de onze mètres, le Bel Ami. Ces mois passés à l’ombre du vieux micocoulier comptent parmi les plus apaisés de sa vie tourmentée.
Ses mots planent encore sur la maison.
1948
La famille Aussel
En 1948, la Bastide entre dans la famille Aussel, qui la restaure avec une fidélité absolue à son histoire. Classée Monument Historique, elle n’a rien perdu de ce qui fait son charme : le jardin fleuri, les chambres fraîches qui donnent sur les arbres, la pierre chaude au soleil de la Côte d’Azur.
Dormir à La Bastide du Bosquet, c’est poser ses valises là où d’autres, avant vous, ont posé leurs rêves.









